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10ème Art Des chroniques de jeux vidéos, d'hier et d'aujourd'hui, pour tous les goûts.

Doom : le (second) retour aux sources musclé

Doom

 

Marty Stratton

2016

FPS

PC, PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch

 

Après sa sortie, Doom 3 a continué à être actif dans l’actualité vidéoludique d’une part grâce à la sortie de son DLC, mais aussi grâce à sa réédition en 2012. La série va aussi s’aventurer dans le terrain de l’expérimentation sur le marché mobile avec tout d’abord la sortie, en 2005, de Doom RPG. Ce jeu venant recycler les éléments du tout premier Doom, essayait de mêler FPS et RPG pour un résultat plus que mitigé. En 2009, c’est Doom Resurrection  qui arrive, exclusivement sur IOS. Cette fois-ci, id Software nous a proposé un shoot sur rails dans l’univers de Doom 3, pour un résultat là encore peu convaincant. Enfin la même année voit la venue de Doom II RPG, suite de Doom RPG reprenant cette fois des éléments de Doom II, là encore sans succès. Puis la saga Doom revient une nouvelle fois, 12 ans après la sortie du troisième épisode, sous la forme d’un nouveau reboot. Le contexte, encore une fois, est complètement différent pour la série. Le FPS est devenu l’un des genres vidéoludiques les plus populaires, les jeux emblématiques ne manquent pas, et la concurrence est rude. Pour ce nouveau départ, l’objectif est dans un premier temps de reconquérir les joueurs qui avaient été déçus par Doom 3 et son approche minimaliste et horrifique. Pour ce faire, le choix a été fait de revenir aux sources de la série, à savoir l’action décomplexée et sauvage. Pari réussi ?

Pour ce qui est du scénario, on garde les mêmes bases : la planète Mars, les expériences de l’UAC… Mais il y a quand même quelques subtilités ici qui viennent un peu pimenter le tout.

Cette fois-ci l’UAC exploite sciemment les ressources de l’Enfer, afin d’en extraire une énergie illimitée, l’énergie Argent, pour le plus grand bien de l’Humanité… tout en croyant naïvement pouvoir contrôler les armées infernales…

Olivia Pierce, l’une des employées de l’UAC, va faire la même erreur que Betruger dans Doom 3, à savoir collaborer avec les forces de l’Enfer, en échange d’un pouvoir illimité. C’est elle qui ouvre le portail vers l’Enfer, qui permet aux démons d’envahir Mars.

Vous vous réveillez sur une table d’opération, entouré de zombies assoiffés de sang. Après leur avoir réglé leur compte, pris une arme et enfilé une armure de combat, vous êtes rapidement mis au courant de la situation par Samuel Hayden. Il s’agit d’une personne haut placée de l’UAC, dont une partie du cerveau vit dans un corps d’androïde. Secondé par Hayden et VEGA, une intelligence artificielle travaillant sur la base, à vous d’arrêter Olivia et de fermer le portail afin de stopper l’invasion infernale.

SPOILERS

Le jeu réserve quelques petites surprises, notamment en ce qui concerne l’identité du protagoniste. Car le héros n’est plus un simple marine, mais un personnage à l’aura tout simplement mythologique en Enfer. Il combattit déjà les démons par le passé, faisant un véritable carnage parmi eux, qui finirent par l’emprisonner dans un sarcophage. Hayden le libère de sa prison peu avant le début du jeu.

La mission du héros est un immense succès : Olivia est détruite et le portail vers l’Enfer est fermé pour de bon. Mais c’était sans compter sur la trahison de Hayden. Tout au long du jeu, ce dernier refuse en effet de voir la réalité, ne supportant pas que le héros détruise les installations de l’UAC, privant ainsi l’Humanité de l’énergie infernale illimitée. Aveuglé par le pouvoir et croyant toujours pouvoir contrôler les démons, il finit par emprisonner le héros en Enfer, afin qu’il ne l’empêche pas de continuer d’exploiter les ressources infernales.

SPOILERS

On se retrouve avec un scénario encore une fois très classique, avec ses défauts (notamment Olivia, une antagoniste incroyablement fade), mais qui s’avère efficace. De plus la fin, assez surprenante, appelle clairement une suite, que l’on devine déjà musclée…

Visuellement, pas de surprise, le jeu est splendide. Environnements vastes ultra réalistes, modélisation des personnages et des monstres parfaite, rien à dire, c’est superbe. Pour ce qui est des environnements traversés, on trouve d’un côté la base martienne et de l’autre l’Enfer. Si le jeu a l’avantage de proposer beaucoup d’environnements très ouverts, bienvenus après le très claustrophobique Doom 3, ils restent très génériques et peu surprenants. Les niveaux se déroulant en Enfer notamment, sont assez décevants et peu marquants, à mille lieux de l’Enfer cauchemardesque du troisième épisode.

Les niveaux sont quand à eux incroyablement vastes et le level design tient une fois de plus du génie. Les environnements sont ainsi labyrinthiques à souhait, les passages secrets et les items cachés sont innombrables et les joueurs complétistes vont tout simplement se régaler à tout découvrir. Par contre petite déception pour la carte disponible dans le menu principal, sensée aider le joueur à s’y retrouver, mais plus brouillonne qu’autre chose.

Place maintenant à ce qui nous intéresse le plus : l’action ! Le jeu se résume à avancer dans des couloirs et à déboucher dans de gigantesques arènes truffées de démons. Du côté du bestiaire, on retrouve les habitués de la série, plus quelques boss assez réussis. Ce qui marque tout de suite, c’est la vitesse des démons. Pourtant déjà rapides dans Doom 3, ils possèdent ici une vitesse phénoménale, un choix évidemment motivé par le gigantisme des arènes de combat. Dans ces aires de jeu, vous devrez survivre à une succession de vagues d’ennemis qui déferleront sur vous, et c’est véritablement grisant de tirer tout en vous déplaçant sans arrêt, en utilisant les éléments du décors (toujours intelligemment placés) à votre avantage, en alternant sans cesse les armes. Les séquences d’action sont ainsi un véritable déluge de feu et de sang, surtout en fin de jeu (ça vient vraiment de tous les côtés). Par sa frénésie et sa sauvagerie, Doom renoue ainsi avec les sensations des épisodes originels et il faut reconnaître que le jeu se distingue sans souci parmi ses concurrents.

Pour vous défendre, vous disposerez d’un arsenal d’armes très réussies. Le jeu propose au joueur de pouvoir améliorer ses armes en cours de partie, ainsi que son armure, ce qui se révélera vite indispensable pour progresser avec moins de difficulté.

Néanmoins les limites du jeu se font vite ressentir. Si Doom s’en tire plutôt bien jusqu’au premier passage en Enfer, ça se complique par la suite. Il n’y a alors plus de nouveaux démons qui apparaissent, des environnements qui se ressemblent tous… Au final, Doom ne se résume qu’à une succession de couloirs et d’arènes dans lesquelles les affrontements sont très funs, mais aussi répétitifs à la longue. Doom est en fait un FPS très basique, qui ne fait que réactualiser des mécaniques révolutionnaires en leurs temps, mais qui sont insuffisantes aujourd’hui, à une époque où le genre peu proposer tellement plus.

Si le mode multijoueurs s’avère décevant au possible (ce qui a constitué une vraie douche froide pour les fans), on ne peut pas en dire autant du mode « SnapMap ». Ce mode vous propose de créer vos propres niveaux grâce à des outils simples mais très riches. C’est vraiment très sympa et ça permet de considérablement prolonger l’expérience de jeu.

Un mot enfin sur la musique incroyable proposée par Mick Gordon, qui signe ici tout simplement l’une des bandes originales les plus incroyables du jeu vidéo. Son style, mêlant heavy metal et musique électronique, s’avère incroyablement impressionnant, et en plus de signer par là un bel hommage aux deux premier opus de la série, ses compositions se marient à merveille avec l’intensité des affrontements à l’écran. Du grand art.

Au final, ce Doom cuvée 2016 s’avère un bon FPS mais personnellement il m’a laissé sur ma faim. Vraiment très beau et proposant des affrontements intenses, le jeu s’avère vite limité et lassant de par la répétitivité de l’action proposée. Comme quoi faire du neuf avec du vieux n’est pas toujours synonyme de réussite incontestable.

 

À bientôt et bonne partie !

 

Sources des images : www.jeuxvideo.com, www.jeuxactu.com

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