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10ème Art Des chroniques de jeux vidéos, d'hier et d'aujourd'hui, pour tous les goûts.

Doom Eternal : l'ouragan d'id Software

Doom Eternal

 

Hugo Martin

2020

FPS

PC, PlayStation 4, Xbox One, Nintendo Switch, PlayStation 5, Xbox Series

 

Le Doom de 2016 connut un joli succès à sa sortie, il n’est donc aucunement surprenant de voir débarquer une suite rapidement. Voyons ça.

On commence par le scénario, qui se déroule 14 ans après les évènements du jeu précédent. L’Enfer, avec la complicité de l’UAC, a envahi la Terre. Les démons ont déferlé sur notre planète bleue et 60 % de la population mondiale a vite été éliminée. Certains sont parvenus à fuir dans l’espace, dans des capsules cryogénisées. La Terre est désormais dévastée et le seul espoir de l’Humanité réside dans l’ARC (Armored Response Coalition), l’ultime mouvement de résistance humaine, qui peine à rivaliser avec les forces de l’Enfer. Mais tout n’est pas perdu. Le Slayer (il s’agit du surnom du protagoniste) est de retour (le jeu n’explique pas vraiment comment il est parvenu à fuir l’Enfer, dans lequel Hayden l’avait enfermé à la fin du précédent jeu, probablement grâce à l’intelligence artificielle VEGA). Plus assoiffé de sang que jamais, il met le cap vers la Terre. Son objectif ? Éliminer les 3 Prêtres des Enfers, principaux artisans de l’invasion infernale. Mais il faudra faire bien plus, car derrière les Prêtres se trouve la Khan Maykr, un être angélique prêt à tout sacrifier pour sauver son propre peuple…

SPOILERS

Du côté des révélations, il y en a beaucoup, car un véritable effort a été fait afin de doter la série d’une mythologie qui soit un minimum solide.

La révélation la plus significative concerne la véritable identité du Slayer puisque via des flashbacks nous apprenons que le Slayer est en réalité le marine de la trilogie originelle ! Nous apprenons en effet qu’après être resté en Enfer pour continuer son combat contre les démons, le marine a atterri, sans que l’on sache comment, dans le monde d’Argent D’Nur. Retrouvé à moitié mort par les Argenta, il sera emmené à Sentinel Prime, où il devra combattre dans une arène afin de gagner sa liberté. Incroyablement compétent au combat après toutes ces années de luttes contre les démons, il finit par gagner le respect des Argenta.

Les démons finirent par envahir Argent D’Nur et le marine replongea dans la bataille, avec une sauvagerie renouvelée, ce qui a suscité l’intérêt du plus haut dirigeant Argenta, le roi Novik, ce dernier décidant de faire du marine une Sentinelle de la Nuit, les guerriers d’élite d’Argenta. Le marine attira aussi l’attention de la Khan Maykr, la dirigeante du peuple angélique des Maykr, allié d’Argent D’Nur, et originaire d’un monde appelé Urdak. Au plus fort de la guerre, le marine rencontra le Séraphin, un Maykr très mystérieux, qui lui proposa son aide. Il plaça le marine dans la Machine Divine, ce qui aura pour conséquence d’augmenter considérablement sa force et sa vitesse. Grâce à ses nouveaux pouvoirs, le marine utilisa le Creuset, arme mythique des Sentinelles, et s’en servit pour terrasser un monstrueux titan démoniaque. Admiratifs devant cet exploit hors normes, les Sentinelles ont affublé le marine de son nouveau surnom : le Slayer. De cette manière le Doom de 2016 et Doom Eternal sont ainsi reliés à la trilogie originelle Doom/Doom II/Doom 64.

Après que le Slayer ait éliminé les 3 Prêtres des Enfers, la Khan Maykr, la dirigeante des Maykr, dévoile son plan : ressusciter l’Icône du Péché (le boss final de Doom II) afin d’en finir avec l’humanité. Nous apprenons en effet que l’énergie Argent, vitale aux Maykr pour survivre, est obtenue grâce aux sacrifices d’âmes humaines. Pour mener à bien son plan de survie, la Khan Maykr s’est alliée à l’Enfer. En échange de leur fournir des mondes à envahir, les démons procure de l’énergie Argent aux Maykr, nécessaire à leur survie.

Le Slayer finira par éliminer la Khan Maykr à Urdak avant de combattre à nouveau l’Icône du Péché, qu’il parviendra à vaincre après un combat épique, mettant ainsi fin à l’invasion démoniaque.

SPOILERS

Le jeu possède 2 DLC, « The Ancient Gods Part I » et « The Ancient Gods Part II », qui font suite à l’aventure principale.

SPOILERS

Avoir éliminé la Khan Maykr et l’Icône du Péché a permis de freiner l’invasion de la Terre, mais la menace infernale reste présente. Pour y mettre définitivement fin, le Slayer vise désormais rien de moins que le Seigneur Noir, le dirigeant absolu de l’Enfer. Lors de la fin du premier DLC, le Slayer permet au Seigneur Noir de prendre une forme physique, qui s’avère identique à celle du Slayer !

Le deuxième DLC nous apprend que Hayden est en réalité Samur Maykr, le Séraphin, le Maykr ayant trahi son peuple par le passé, en renforçant les pouvoirs du Slayer. Nous apprenons aussi que Davoth, le Seigneur Noir, est en réalité le Père, le créateur de la race des Maykr.

En éliminant le Seigneur Noir, le Slayer parvient à sauver l’existence elle-même. Tous les démons présents en dehors de l’Enfer disparaissent en même temps que leur seigneur. Cependant le Slayer est affaibli, il finit donc par tomber et c’est enfermé dans un sarcophage magique que le fléau de l’Enfer met fin à son aventure, en espérant que plus jamais l’humanité n’aura besoin de ses sanglants services…

SPOILERS

On se retrouve enfin avec un vrai scénario dans un Doom ! Il y a un véritable univers, complexe, qui en fait souvent trop, qui n’a pas peur des personnages caricaturaux, et pour peu qu’on y adhère un minimum, ça passe très bien.

Visuellement, c’est la claque. Le Doom de 2016 souffrait d’un manque criant d’originalité dans ses environnements, les niveaux se ressemblaient tous et les passages en Enfer étaient peu marquants. Rien de tout ça ici, le Slayer va devoir visiter la Terre, Phobos, la planète Mars, l’Enfer, mais aussi les mondes des Sentinelles et des Maykr. Dès le premier niveau, se déroulant dans un Los Angeles apocalyptique et en ruine, on en prend plein la vue. C’est la fin du monde, et le jeu le retranscrit à merveille, dans des environnements gigantesques et épiques d’une beauté folle. Personnellement ma préférence va pour Exultia, sublime monde des Sentinelles, la superbe base de l’Arctique et surtout Nekravol, la citadelle de l’Enfer, qui offre des environnements tout simplement inoubliables. Mention spéciale à l’ultime niveau du deuxième DLC, la ville infernale d’Immora, qui dépasse tout ce que vous pouvez imaginer. C’est bien simple, on se croirait dans un film des Avengers, c’est tout simplement phénoménal. Tout est épique, démesuré, une pure merveille.

Le level design est toujours aussi incroyable, les niveaux sont plus vastes que jamais, les secrets éparpillés un peu partout sont un régal à découvrir. On trouve aussi tout un tas de pièges originaux disséminés dans les niveaux, qui viennent apporter du piment à la progression. De plus, le Slayer possède de nouvelles capacités, notamment celle d’escalader certaines parois, ce qui permet à Doom Eternal de proposer nombre de séquences de plateforme assez réussies, ce qui est toujours une prouesse dans un FPS. Le jeu propose également des séquences sous-marines, là encore plutôt bien faîtes. Les niveaux prennent alors une nouvelle dimension et c’est un véritable plaisir de les parcourir.

Vous trouviez les affrontements du Doom de 2016 nerveux ? Pourtant vous n’avez encore rien vu, car Doom Eternal va encore plus loin. Toujours plus d’ennemis, encore plus agressifs, sans oublier de nouveaux démons redoutables (les Maraudeurs sont un vrai cauchemar), vous n’allez pas pouvoir souffler. Le système des « glory kills » reste présent, avec une petite nouveauté ici. Si les « glory kills » permettent toujours de récupérer de la santé, et si utiliser la tronçonneuse permet toujours de récupérer des munitions, vous disposerez ici d’un lance-flammes, qui une fois utilisé sur des ennemis, verront ceux-ci lâcher des plaques d’armure. Le souci, c’est qu’il y a beaucoup plus d’ennemis que de munitions, ce qui fait que le jeu va vous obliger, régulièrement, à utiliser ces astuces afin de vous requinquer. Vous devrez donc toujours rester en alerte et avoir un œil, non seulement sur vos ennemis et vos propres mouvements, mais aussi sur vos jauges de vie, d’armure et de munitions.

Du coup Doom Eternal est un jeu fascinant, car très contradictoire : on est sûrement en présence du jeu le plus bourrin qui soit mais pour espérer s’en sortir, le joueur va devoir démontrer beaucoup de subtilité dans le maniement de son personnage, ainsi qu’un sens tactique conséquent. Bien gérer ses munitions et le timing de ses actions devient donc primordial pour espérer progresser dans un jeu qui a clairement revue sa difficulté à la hausse par rapport à son prédécesseur.

À signaler aussi la présence de boss assez réussis, certains d’entre eux devenant des ennemis communs en fin de partie ! Enfin le boss final, hommage évident à Doom II, est à l’image du jeu lui-même : démesuré, ambitieux, sans limite, excessif, mais aussi incroyablement généreux dans ce qu’il propose.

Des affrontements nerveux sublimés une fois de plus par les compositions de Mick Gordon, qui livre ici une prestation encore meilleure que précédemment. Si on additionne le nombre incroyable d’ennemis à affronter simultanément, la rapidité des déplacements, la violence décomplexée (il faut avoir le cœur bien accroché, vous vous en doutez), les musiques lourdes et hypnotiques, on obtient un titre unique, plaçant le joueur dans une espèce de transe destructrice (surtout en fin jeu, quand le Slayer est devenu une vraie machine de guerre) qu’aucun autre jeu ne peut proposer.

Signalons enfin un mode en ligne un peu plus réussi que celui du Doom de 2016. Le « Battlemode », qui voit s’opposer 3 joueurs en 2 contre 1, est très sympathique. Il est par contre très dommage que le mode « SnapMap », l’éditeur de niveaux, ne soit plus présent.

En gommant les quelques défauts du Doom de 2016 en poussant à fond les curseurs de l’action et de la violence décomplexée, tout en offrant enfin à la série un background narratif consistant, on obtient avec Doom Eternal un FPS tout simplement unique, un pur chef-d’œuvre du genre, qui propose une expérience d’une puissance et d’une intensité tout simplement inégalables, un véritable ouragan d’action que vous n’êtes pas prêt d’oublier.

La saga Doom est vraiment incontournable dans le genre du FPS. Après avoir démocratisé le genre dans les années 90, elle a ensuite essayé d’évoluer, tout d’abord en calmant le jeu et en soignant son ambiance horrifique, puis en revenant à une action complètement débridée. Toujours fun et intense, la saga Doom n’est pas prête de redescendre de son piédestal de reine du FPS.

 

À bientôt et bonne partie !

 

Sources des images : www.jeuxvideo.com, www.gamestop.com

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